Cameroun- Interrogations inassouvies autour de la mystérieuse disparition de l'évêque de Bafia

Posted on June 2, 2017 21:29:56 Filed in Cameroun


Est-il vraiment mort ? Ou plutôt, est-il vraiment dans l'eau comme le laisse croire une note trouvée dans son véhicule juste à côté de ses pièces d'identité personnelles ? Autant de questions que se posent les Camerounais en ce début d'après-midi, alors que le mystère reste entier sur la disparition non moins mystérieuse de Mgr Jean-Marie Benoît Balla, évêque de Bafia dont la recherche du corps mobilise depuis hier les autorités policières et administratives du Cameroun dans la localité d'Ebebda (département de la Lekié, région du Centre).

Pièces d'identité et lettre de Mgr Balla

L'homme de Dieu qui avait quitté le diocèse de Bafia à bord d'un 4×4 dans la nuit de mardi, aux environs de 23h, selon le vigile du diocèse, est resté jusqu'ici introuvable, malgré la mobilisation organisée depuis hier, tant par les forces de l'ordre, les autorités administratives, communales et  traditionnelles que par ses frères de l'église pour le retrouver, grâce à un indice qu'il aurait lui-même laissé. L'indice en question, c'est cette note laconique trouvée à  l'intérieur du véhicule, avec juste à côté, sa carte nationale d'identité : « Ne me cherchez pas ! Je suis dans l'eau »..

S'il a dit lui-même être dans l'eau, c'est qu'il s'est suicidé, ont tôt fait de conclure certaines personnes au bord du désespoir. Mais pour d'autres, rien n'est moins évident, et jusqu'à ce que le corps soit retrouvé, surtout dans le fleuve, il faut garder quelque espoir. « Peut-être a-t-il été enlevé par des gens qui lui demanderaient des comptes, et qui, après avoir obtenu ce qu'ils veulent, le libéreront, affirme un analyste à Douala. » Thèse difficilement crédible, si l'on en croit les premiers témoignages des religieux qui ont retrouvé son véhicule sur le pont du Mbam et sonné l'alerte après avoir lu la note sus-évoquée. « probable », rétorque l'analyste qui relève cependant que « Le fait que le véhicule de Monseigneur se soit retrouvé sur le pont peut participer d'un scénario diabolique visant à brouiller les pistes, à orienter les personnes commises à sa recherche ailleurs qu'à l'endroit où il se trouverait réellement au cas où il serait encore vivant, qui sait ? »

Une chose est certaine, les informations qui nous sont parvenues depuis mercredi indiquent qu'il n'y aurait pas de trace prouvant que l'évêque pourrait avoir été forcé ou brutalisé la nuit de sa disparition, de même que le témoignage du vigile faisant état de ce qu'il aurait pris personnellement le volant de son véhicule à une heure tardive ne permet de penser qu'il eut fait l'objet d'une quelconque contrainte.

Mais alors, que s'est-il donc passé ? Avait-il un rendez-vous quelque part avec quelqu'un ou des gens qui l'aurai(en)t manifestement emmené sur les bords du fleuve pour accomplir un sordide dessein ? S'est-il vraiment suicidé, et pourquoi ? Mystère et boule de gomme ! Même si au moment où nous mettions en ligne, une révélation tombait sur les télescripteurs, faisant état de ce que Mgr. Balla aurait adressé une lettre au Nonce apostolique pour le Cameroun et la Guinée-Equatoriale deux jours avant sa disparition. Une lettre qui pourrait avoir des choses à révéler sur ce qui pourrait s'être effectivement passé.

En attendant que toute la lumière soit faite sur cette affaire dans un pays où les assassinats crapuleux des hommes d'église ont souvent défrayé la chronique (cf. les Sœurs de Djoum, Mgr Yves Plumey, l'abbé Mbassi, Père Engelbert Mveng… pour ne citer que ceux-là), notons que Mgr Jean-Marie Benoît Balla -dont un ancien du petit séminaire de Yaoundé qui l'a personnellement connu souhaitequ'il ne soit pas vraiment « dans l'eau », mais qu'il soit plutôt encore vivant et « nous revienne » (sic), est âgé de 58 ans, et exerce le ministère du Christ depuis 30 ans, à la suite de son ordination en 1987 par Mgr Jean Zoa de regrettée mémoire. C'est en 2003 qu'il a été nommé à la tête du diocèse de Bafia par le Bienheureux Pape Jean-Paul II.

Ndam Njoya Nzoméné



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