CAN-2019 à 24 : Ça vire à un acharnement de la nouvelle direction de la CAF contre le Cameroun

Posted on July 25, 2017 21:18:05 Filed in Sport


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C'est officiel depuis le 20 juillet 2017. Le tournoi de football continental dénommé Coupe d'Afrique des Nations comportera désormais 24 pays et non plus 16, conformément à une mesure que la confédération Africaine de Football (CAF), a prise au sortir de son symposium tenu mi-juillet au Maroc. De plus, l'instance faîtière du football africain a décidé que la compétition majeure se déroulera désormais en été (de l'hémisphère nord), et non plus en janvier-février,  pour éviter l'absence des stars africaines qui optent généralement pour leurs contrats dans les clubs évoluant dans les championnats européens, au détriment des sélections nationales de leurs pays d'origine.

Si la décision paraît plaire à beaucoup dans la mesure où elle permettra à certains pays considérés jusqu'ici comme le ventre mou du football africain d'espérer trouver une place dans la compétition, en même temps qu'elle permet à certaines figures du sport-roi continental de ne plus être confrontés au dilemme vraiment cornélien entre la défense des « couleurs patrie » et la priorité au portefeuille, elle n'en est pas moins controversée pour d'autres observateurs pour qui, la Coupe d'Afrique des Nations risque de perdre un peu de son intérêt, « …qui réside généralement dans son caractère sélectif  », à en croire Elvis Ndonga, chroniqueur sportif camerounais, pour qui, « à cette allure, il n'est pas exclu que dans les temps à venir, la CAF fasse participer tous les 54 pays africains à la CAN. ». 

Pour son confrère gabonais Brice Koumba, « Le changement du calendrier de la CAN en fonction de celui des footballeurs évoluant dans les championnats des pays européens et autres suggère non seulement le manque d'ambition des dirigeants du foot africain qui ne pensent pas à viabiliser cette discipline pour la rendre attrayante et compétitive pour que nos joueurs puissent être un jour fiers de rester sur leur continent, mais aussi le mépris qu'ils ont pour ceux qui évoluent ici. Donc pour être "quelqu'un" en Afrique, il faut faire un tour en Occident… C'est de cette vitrine-là qu'on peut avoir une chance d'être vu de chez nous. Et il faut ajouter qu'en juin, les joueurs des championnats d'Europe prennent à peine leurs vacances. Cela signifie que ce sont des sportifs éreintés par des mois de prestation qui viendront animer la CAN… »

La dramatique de la controverse suscitée par les nouvelles décisions de la CAF vont cependant bien au-delà de leurs appréciations plus ou moins subjectives par les uns ou les autres.

D'un point de vue strictement factuel, c'est plutôt leur entrée en vigueur immédiate qui pose problème.

En effet, hormis les accusations aux relents de crochepieds, mais quelque peu justifiées, de ceux qui affirment que le Cameroun n'aura pas achevé la construction des infrastructures devant accueillir la CAN 2019 avant l'événement sportif continental, et les protestations du Cameroun qui affirme être en train de mettre les bouchées doubles pouvoir être à jour  de son cahier des charges dans les délais, il est on ne peut plus évident que l'augmentation du nombre d'équipes compétitrices  à la CAN va poser un sérieux problème au pays organisateur qui s'est jusqu'ici préparé pour accueillir 16 équipes. Le Cameroun se trouve donc pour ainsi dire, confronté à un cas de rétroaction du règlement , qui est un fait de violation des normes juridiques. Le bon sens aurait voulu que la mesure d'augmentation du nombre d'équipes ne soit applicable que pour la Can qui suivra celle de 2019, soit la Coupe d'Afrique des Nations 2021, pour permettre au pays organisateur de cette édition-là de se préparer en conséquence.

Certes, les autorités sportives camerounaises ont annoncé en fin de semaine dernière qu'elles étaient partantes pour préparer cinq ou six sites pour s'arrimer à la nouvelle donne, et non plus quatre : "Pour nous, Yaoundé peut abriter deux sites", a affirmé à cet effet le chef de la cellule de communication du ministère des Sports, Gabriel Loga, qui pensait manifestement au "stade Ahmadou Ahidjo" de 40.000 places construit dans les années 1970 pour accueillir la première CAN organisée par le Cameroun en 1972. Ce stade pourrait être utilisé en appoint de celui de 60.000 places qui est en train d'être réalisé, de même que le vieux "stade de la réunification" de Douala, construit aussi à la même époque, et qui pourrait être réhabilité et mis en service en 2019, à côté de celui qui est en construction à Japoma, un quartier à la périphérie de la capitale économique.

Mais visiblement, l'optimisme de Yaoundé à tout l'air d'une façon de faire contre mauvaise fortune bon cœur, qui ne va pas dépasser le stade de la simple bravade, eu égard aux travaux qu'il faudra entreprendre pour remettre les vieux ouvrages sus-évoqués aux normes requises pour les compétitions internationales de type CAN.

La situation actuelle donne du coup l'impression que tout est fait pour que l'organisation de l'événement soit retiré au Cameroun au profit des pays plus nantis et donc plus fournis en infrastructures sportives et hôtelières, à l'instar de l'Algérie et du Maroc, qui auraient les faveurs de la nouvelle équipe dirigeante de la CAF, en guise de représailles contre le Cameroun qui aurait le défaut d'être le pays d'origine de l'ancien président de l'institution, Issa Hayatou.    

 

Ndam Njoya Nzoméné

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