Côte-d'Ivoire - FPI : Depuis sa prison de Scheveningen Laurent Gbagbo veut réconcilier le FPI

Posted on August 5, 2017 04:13:43 Filed in Actualites



La situation actuelle d'un Front Populaire Ivoirien divisé en deux factions rivales n'est pas pour plaire au fondateur de ce parti, Laurent Gbagbo, déténu aux Pays-Bas au nom d'une soi-disant justice internationale. Il l'a fait savoir aux deux chefs de files rivaux, qui, pour l'instant, semblent plutôt avoir bien accueilli sa proposition de médiation, aucun des deux n'évoquaant plus depuis lors, de date pour un Congrès.

Il est on ne peut plus évident que le Front populaire Ivoirien (FPI), parti fondé en 1982 par Laurent Gbagbo,  Aboudramane Sangaré, Simone Ehivet, Emile Boga Doudou, Anaky Kobinan Innocent et une quinzaine d'autres personnes, est plus que jamais divisé en camps antagonistes : l'un soupçonné par certains de collaboration avec le régime d'Alassane Ouattara, mais qualifié par d'autres de "modéré qui veut tourner la page de la guerre civile et de la crise postélectorale", dirigé par Pascal Affi N'Guessan, militant du FPI depuis 1986, qui veut pouvoir continuer la marche politique du parti indifféremment de la situation dramatique qui a conduit à sa chute et à l'arrestation arbitraire de son fondateur, Laurent Gbagbo, arbitrairement détenu depuis six ans dans un pays étranger, et l'autre conduit par Aboudramane Sangaré, un fidèle des fidèles de Gbagbo, qui fut son compagnon d'infortune en mars 1971 lors de leur détention pour des raisons politiques au camp militaire de Séguéla avec Djéni Kobina, Secrétaire Général du SYNESCI, et Laurent Akoun.

Il y a deux ans, alors que les relations étaient des plus tendues entre les deux factions du FPI, les partisans de Pascal Affi N'Guessan appelés "les Refondateurs" avaient même envisagé de changer la dénomination du parti au terme d'un congrès extraordinaire qu'ils avaient prévu pour début 2016.

 
Professeur Aboudramane Sangaré, leader de la branche légitime du FPI



Bien entendu, ce congrès n'a jamais eu lieu. Et pour cause. Depuis sa libération en août 2013, Aboudramane Sangaré porté à la tête du FPI originel dans lequel se reconnaissent la majorité des militants -mais non reconnu par le gouvernement Ouattara-, n'a cessé de clamer que la seule préoccupation du FPI doit être la libération de ses camarades -dont Laurent et Simone Gbagbo emprisonnés depuis le coup d'Etat international perpétré par la France, l'ONU et Ouattara qui a abouti à la rocambolesque destitution de l'actuel prisonnier de Scheveningen, surnommé dans les années 1980 "Le Mandela ivoirien". Un petit nom qui est du reste plus que jamais d'actualité depuis 2011.

Jusqu'ici, quoique outré par le tumulte qui secoue le mouvement politique qu'il a bâti à force de sacrifices (emprisonnements, tortures, exil) Laurent Gbagbo n'a pas officiellement pris position contre l'un ou pour l'autre camp, même s'il est vrai que ses relations avec le président de "l'aile légale" du parti, qu'il avait lui-même fait porter à cette fonction en 2001, ne sont pas au beau fixe.

 
Pascal Affi N'Guessan est le seul dirigeant du FPI reconnu par ... l'ennemi


Nempêche, l'illustre fondateur du FPI, quoiqu'ayant les mains liées en raison de sa séquestration par la Justice Internationale des vainqueurs de sales guerres, ne lésine pas sur les initiatives en vue de recoller ... ses camarades. C'est dans cette optique qu'il a récemment instruit l'ancien ambassadeur de Côte d'Ivoire au Ghana, Emmanuel Auguste Ackah, allé lui rendre visite dans sa prison, de transmettre à Pascal Affi N'Guessan, sa volonté de le voir surseoir à la tenue du Congrès prévu en ce mois d'août, en vue de "restructurer le parti et de raffermir les liens entre les différentes factions".  Un message identique a été transmis au compagnon de longue date du "Mandela ivoirien", Aboudramane Sangaré, qui avait aussi annoncé un Congrès du parti.

A tous les deux, Laurent Gbagbo demande de surseoir à toute initiative qui pourrait à terme les fragiliser, l'un comme l'autre, et faire du FPI une maison divisée. Et comme touit leader digne de ce nom, il s'est engagé à concilier les deux factions. Une entreprise dans laquelle il entend s'mpliquer personnellement et très activement, et pour laquelle il leur demande de patienter jusqu'au mois d'octobre 2017.

Et c'est compte tenu de cet appel à l'union de Gbagbo que Affi N'Guessan a annoncé récemment le report des assises de la plus haute instance du parti. Même s'il ne s'est pas publiquement prononcé pour un report du congrès prévu par sa tendance, le silence de Aboudramane Sangaré laisse penser qu'il consent à ce que  Laurent Gbagbo mène jusqu'à son terme la médiation qu'il a proposée.

 
De gauche à droite au premier plan, Aboudramane sangaré et Pascal Affi N'guessan à l'époque où les torchons ne brûlaient pas encore entre eux

Reste tout de même que pour Sangaré, Affi N'Guessan n'est même plus un militant du FPI, depuis le congrès de 2015.  Il faut dire que lors de ce Congrès, la majorité des militants avaient décidé de porter Laurent Gbagbo à la tête du parti. Une décision ayant pour eux valeur de symbole et de message à l'intention de la communauté internationale, mais que Affi N'Guessan et une poignée de militants acquis à ses idées avaient trouvée "irréaliste", compte tenu de l'emprisonnement de Gbagbo. "On peut parler de la libération de Laurent Gbagbo et se préoccuper de la situation du pays et des Ivoiriens, ce n'est pas incompatible", avait à cette époque affirmé Issiaka Sangaré, militant du FPI et pro Affi, par ailleurs frère cadet de Aboudramane Sangaré, dont les partisans affirment "qu'il n'y a pas de FPI sans Gbagbo... en liberté.".

 
                                                              Le Congrès de Mama en 2015 avait décidé d'exclure Affi du parti

C'est dans cette veine que Abdouramane Sangaré à décaré il y a peu que « C'est un congrès qui a exclu AFFI. C'est donc seul, un congrès qui se prononcera à ce sujet ». Et comme pour enfoncer le clou, il a ajouté : « Et puis, il ne faut pas oublier que c'est lui qui a fait arrêter nos camarades qui sont en prison. Que vont-ils penser lorsqu'ils apprendront que nous sommes en discussion avec AFFI en dehors de la procédure normale, pendant qu'ils sont encore en prison ? Non, ça sera une TRAHISON de notre part »   


Ndam Njoya Nzoméné



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