Coup d'Etat au Burkina Faso : Mediapart évoque une "implication directe" de Ouattara

Posted on October 10, 2017 16:55:52 Filed in Actualites


Le pouvoir ivoirien est impliqué dans le putsch de 2015 au Burkina Faso. C'est le titre très explicite d'une nouvelle enquête du journal français en ligne Mediapart, parue ce lundi.

Les journalistes ont pu avoir accès à une grande partie de l'ordonnance judiciaire du juge burkinabè François Yaméogo. Ce dernier est en charge du procès des putschistes du régiment de sécurité présidentielle, qui s'étaient emparés du pouvoir pendant une dizaine de jours, au mois de septembre 2015.

Les révélations du site d'informations sont de grande ampleur.

On y apprend tout d'abord que la fameuse conversation téléphonique présumée entre le Président de l'Assemblée Nationale de Côte d'Ivoire, Guillaume Soro, et l'ex ministre burkinabé Djibrill Bassolé, a été authentifiée par un expert allemand. Dans cette conversation, M. Soro semblait superviser le déroulement du coup d'Etat.

« Pour le juge, aucun doute, rapporte Médiapart, Bassolé et Soro ont planifié « une opération d'intervention de forces hostiles au Burkina […] pour permettre aux bandes armées du RSP de reprendre des forces et le contrôle de la situation ».

Le juge rapporte également dans son ordonnance que tant Djibrill Bassolé que Gilbert Diendéré, le meneur du coup d'Etat, ont confirmé avoir été contactés par Guillaume Soro.

Mais plus surprenant, les plus hautes sphères de l'Etat ivoirien seraient impliquées dans ce coup d'Etat selon Mediapart.

Le chef d'Etat-major particulier du président Ouattara, Vagondo Diomandé, aurait été contacté par Gilbert Diendéré lui-même pour aller récupérer du matériel et une importante somme d'argent à la frontière ivoirienne.

Le 19 septembre 2015, trois jours après le coup d'Etat, un hélicoptère des putschistes serait allé à la rencontre d'un 4x4 ivoirien, qui leur aurait livré des grenades lacrymogènes et près de 50 millions de francs CFA. Cette somme aurait été transmise à Léonce Koné, un cadre du parti de Blaise Compaoré, proche des putschistes.

De son côté, Gilbert Diendéré aurait reconnu avoir reçu 84 millions de francs CFA de la part du même Vagongo Diomandé, à destination des putschistes du RSP.

« Ces déclarations posent la question de l'implication directe d'Alassane Ouattara dans ce coup d'État » conclut Médiapart. « On imagine mal son chef d'état-major particulier envoyer de l'argent à des putschistes sans son aval ».


L'audience de confirmation des charges du procès devrait s'ouvrir le 25 octobre prochain, et vise 107 personnes, dont Gilbert Diendéré, le meneur du coup d'Etat. Les relations ivoiro-burkinabé devront encore attendre un peu pour être au beau fixe.



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