Côte d'Ivoire : Arrestation de Soul To Soul : Le Soroïste Touré Moussa déshabille Ouattara et révèle les secrets puants de l'affaire "cache d'armes".

Posted on October 11, 2017 15:07:13 Filed in Actualites


 
Soul to Soul arrêté. Hier complice d'une vaste machination franco-Onu-ouattarienne contre son pays, il est aujourd'hui le bouc-émissaire d'un règlement de comptes politiciens entre anciens coquins

C'est la confusion totale depuis lundi entre les partisans de Alassane Ouattara et ceux de Soro, suite à l'arrestation de Souleymane Kamaraté dit "Soul to Soul",  Directeur du protocole de l'ancien chef de la rébellion récompensé par un poste de président de l'Assemblée nationale, mais tombé en disgrâce auprès du dictateur ivoirien qui l'accuserait d'être derrière les mutineries de janvier et mai qui ont failli ébranler son régime.

Si les Ouattaristes agissent discrètement et malicieusement, les Soroïstes ne se cachent plus pour dénoncer un complot visant à détruire Guillaume Soro, et affirmer à haute voix qu'ils ne plieront, ni ne renonceront à leur ambition de porter leur mentor au pouvoir en 2020.

Ils paraissent d'ailleurs d'autant plus déterminés à consommer la rupture actuellement latente entre les deux principaux alliés de la France dans l'entreprise de renversement de l'ancien président Laurent Gbagbo qui a duré de 2002 à 2011, qu'ils sont au fait des démarches qu'aurait entreprises le RDR auprès des députés du parlement ivoirien, notamment ceux issus des partis membres de la coalition RHDP qui le soutient, pour évincer Soro du perchoir de l'Assemblée Nationale.

Le RDR, faut-il le rappeler, est le parti fondé par Ouattara et au sein duquel militent aussi Guillaume Soro, depuis qu'il y a fondu son mouvement, les Forces Nouvelles, au lendemain de leur "victoire" commune contre Gbagbo.

Des réactions du camp Soro sur fond de révélations scandaleuses
Certes, lundi, un communiqué publié sur instructions de Guillaume Soro –qui se trouve actuellement hors de la Côte d'Ivoire- par son chef du service Communication s'est voulu apaisant, mais les termes indiquaient que l'appel à l'apaisement du président de l'Assemblée nationale –plus ou moins en exil- n'étaient qu'une manière de repli stratégique : « Nous apprenons l'arrestation ce jour de M. KONE KAMARATE SOULEYMANE dit Soul to Soul, Ministre Plénipotentiaire et Directeur du Protocole de l'Assemblée nationale. Son inculpation intervient  dans le cadre de l'affaire dite "Découverte d'une cache d'armes dans un domicile à Bouaké".  Monsieur KONE KAMARATE SOULEYMANE a déjà fait la prison en 2000 pour la cause du Président Alassane OUATTARA. C'est un homme fort qui saura rester DIGNE. Le Président de l'Assemblée Nationale, qui séjourne hors du pays, s'est tenu informé de la situation. Il apporte son soutien à la famille de son collaborateur, appelle les Ivoiriens au calme et à la sérénité et espère que la justice fera librement son travail. », a écrit Touré Moussa, pour le compte de Soro, tandis que ce dernier s'exprimant personnellement sur les réseaux sociaux, écrivait : « N'arrive à l'homme que ce que Dieu permet. Paix sur la Côte d'Ivoire »

Ce n'est pourtant pas une attitude apaisante et attentiste qu'il a eue quelques temps auparavant, quand il a été invité par la presse à réagir à la décision du procureur de mettre son camarade Souleymane Kamaraté en détention, comme on peut le lire dans la série des questions-réponses ci-dessous auxquelles il s'est prêté.  Tenez :

 
Guillaume Soro, du temps où il faisait ami-ami avec Ouattara pour renverser Gbagbo au prix de la destruction de la Côte d'Ivoire. Quand on dîne avec un vampire, il faut s'attendre à être dévoré à son tour.

Question : Cette décision du procureur de la République vous a-t-elle surpris ?

Touré Moussa :
C'est une évolution à laquelle on ne s'attendait pas, tant il est vrai qu'après la dizaine d'auditions qui ont donné lieu à entendre des officiers supérieurs de l'armée ivoirienne, il est apparu clairement qu'il ne s'agissait pas d'une cache d'armes, mais d'un dépôt d'armes, et ce terme est venu des membres du Conseil national de sécurité qui s'étaient penchés sur cette question. Il était donc évident, vu que c'était un dépôt d'armes, que la haute hiérarchie militaire connaissait leur nombre, l'utilisation à laquelle ces armes étaient destinées. Vu que toutes ces informations ont été mises au grand jour, on se disait qu'on allait arriver à un apaisement. Mais, il s'est trouvé entretemps un rafraîchissement des relations entre le Président de la République et le président de l'Assemblée nationale qui s'est traduit par le boycottage du congrès du RDR par le président de l'Assemblée nationale. Cela a été perçu par l'entourage du Président de la République comme une forme de défiance qui devait être sanctionnée, d'une manière ou d'une autre. Soul to Soul intervient aujourd'hui comme un moyen de pression contre Guillaume Soro dans ce jeu d'échecs qu'est devenue la scène politique ivoirienne.

Q. : Pensez-vous que ce soit un procès politique qui va s'ouvrir ?

T.M. : C'est un procès entièrement politique. Il y'a diverses caches d'armes en Côte d'Ivoire, ce n'est pas une révélation. Tout le monde sait que dans la conduite de l'offensive de 2011 pour contraindre le président Laurent Gbagbo à céder le pouvoir, diverses stratégies ont été mises en place dont une qui a consisté à disséminer des caches d'armes un peu partout. Ce n'est un secret pour personne et Soul to Soul a dit dans sa déclaration au procureur, qu'il n'est pas le propriétaire de ces armes, il ne les a pas acquises, il ne les a pas gérées. Sa maison a juste servi de lieu d'entreposage.

Q. : Pour qui ?

T.M. : Pour l'ensemble des Forces républicaines de Côte d'Ivoire qui, sur ordre du Président Alassane Ouattara ont lancé l'assaut pour déloger Laurent Gbagbo du pouvoir. Ces armes n'ont pas été acquises par Soul to Soul, il n'en a pas les moyens.

Q. : Voulez-vous dire que le Président Alassane Ouattara savait lui-même qu'il y avait des armes en dépôt dans la villa de Soul to Soul à Bouaké ?

T.M. : Je veux dire que le Président Alassane Ouattara, l'État -major et la haute hiérarchie de l'armée dont des généraux et officiers supérieurs qui composent le Conseil national de sécurité, savent bel et bien qu'il y avait une cache d'armes à Bouaké, qu'il y en a d'autres encore qui sont souvent localisées chez des proches du chef de l'État. Nous sommes donc convaincus que c'est un procès politique destiné à faire pression sur Guillaume Soro en se servant de Soul to Soul comme otage.

Q. : Sommes-nous en train d'assister à la « guerre » entre l'État de Côte d'Ivoire et le président de l'Assemblée nationale ?

T.M. : Non, il ne s'agit pas de la guerre entre l'État ivoirien et le président de l'Assemblée nationale. Il s'agit d'une guerre entre le clan Ouattara et le clan Soro. C'est une guerre qui a pour objectif la suprématie d'un groupe sur un autre pour ce qui concerne la présidentielle de 2020. Nous voyons aujourd'hui que les moyens de l'État sont utilisés contre un adversaire politique, parce que Guillaume Soro est perçu comme tel, pour tenter de l'affaiblir. Vous verrez que dans les jours à venir, d'autres moyens institutionnels seront utilisés contre lui, dans le cadre de ses missions régaliennes (…)


Quand le Procureur tente de justifier l'assaut judiciaire sur commande contre des "récalcitrants"
Ces réflexions déclinées à haute voix par le  Chef du service Communication du Président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire ne sont pas le moins du monde partagées par le Procureur Richard Christophe Adou, à la solde de Ouattara, et auteur de la mise aux arrêts de Souleymane Kamaraté, proche de Soro Guillaume, qui s'est lui aussi fendu d'un communiqué dont nous publions ci-dessous la teneur :

« Dans la nuit du 11 au 12 mai, des armes de guerre neuves dissimulées ont été découvertes dans une villa sise au quartier Beaufort dans la ville de Bouaké. Les enquêtes immédiatement ouvertes ont permis d'établir que la villa abritant cette cache d'armes est la propriété de monsieur Koné Kamaraté Souleymane, responsable du protocole du président de l'assemblée nationale.

Des experts en armement, commis en effet d'évaluer ces armes et d'en déterminer l'origine, ont conclu que cette cache d'armes contenait plus de six (06) tonnes de diverses armes de guerre et de munitions (lances roquettes, RPG7, mitrailleurs lourds 12.7,  fusils d'assaut AK47, bombe mortiers …)

La présence d'une telle quantité d'armes de guerre dans cette villa est surprenante d'autant plus que les autorités civiles et militaires avaient enjoint en 2012, dans le cadre du processus de désarmement, démobilisation et réintégration des ex-combattants (DDR), toute personne détentrice d'armes de guerre de les déposer à l'autorité pour le désarmement, la démobilisation et la réintégration des ex-combattants (ADDR).  

En outre une décision de conseil national de sécurité, en date du 2 Octobre 2013, avait expressément exigé que toute arme détenue de manière illégale soit mise à la disposition de l'Etat-major général des armées.

Les enquêtes ont également révélé que des personnes avaient été informées de l'existence de ces armes dans la villa de monsieur Koné Kamaraté Souleymane et invitées à aller se servir. Ces enquêtes ont établi qu'un grand nombre de ces armes avaient leurs chargeurs déjà garnis de munitions, donc prêts à l'emploi.

Il ressort des éléments de l'enquête que la détention et la dissimulation de ces armes de manière illégale et ensuite leur mise à disposition  visaient la déstabilisation de l'Etat.

Dans le cade de ces enquêtes plusieurs personnes, comme monsieur Koné Kamaraté Souleymane ont été entendues.

Au regard de la gravité de ces faits de détention, d'entreposage de cession d'armes de guerre et de munitions (1ère catégorie ) ainsi que le complot conte l'autorité de l'Etat , faits prévus et punis par les articles 3 et 5 de la loi Numéro 98-749 du 23 Décembre 1998 portant répression des infractions à la réglementation  sur les armes et substances explosives et l'article 159 du code pénal monsieur Koné Kamaraté Souleymane a été interpellé ce lundi 9 Octobre 2017 . Une information judiciaire avec un mandat de dépôt a été ouverte contre lui et toutes autres personnes concernées ».



Des arrestations massives des pro-Soro membres de l'armée ivoirienne en perspective ?
Corroborant l'annonce faite par le procureur qu'une information judiciaire avec un mandat de dépôt avait été ouverte contre Souleymane Kamaraté et toutes autres personnes concernées, la presse ivoirienne a révélé mardi que d'autres proches de Soro, y compris ceux faisant partie de l'armée,  étaient sur la liste noire du procureur Adou. C'est le cas du site d'informations " connectionivoirienne.net » qui écrit : « Selon nos informations, le Parquet ivoirien aurait ordonné en plus de Soul to Soul, les arrestations des colonels Ouattara Youssouf dit Kobo et Yéo Adama, tous deux premiers responsables de la Sécurité du président de l'Assemblée Nationale.
D'autres noms tels que Traoré Salif dit Commandant Tracteur ou encore Zébré Souleymane dit Capitaine Souley sont cités comme les prochains sur la liste des arrestations ».

Notre confrère ajoute que : « Plusieurs anciens responsables civiles de l'ex rébellion MCPI, ont au cours de ces derniers mois, été limogés des fonctions politiques ou administratives qu'ils occupaient dans l'appareil d'État en Côte-d'Ivoire. ».

Ndam Njoya Nzoméné



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