Paul Biya dilapide l'argent des Camerounais à Genève

Posted on October 15, 2017 23:34:36 Filed in Cameroun

 

 
Le président Biya aime jouir... du luxe qu'offre d'autres cieux !

Quoique de nombreuses raisons expliquent sa détermination à se maintenir à la tête de l'Etat jusqu'au grand soir, même au prix des hectolitres de sang de ses compatriotes, la passion du président camerounais pour le luxe qu'offre l'établissement hôtelier genevois, laquelle passion ne peut être assouvie qu'aux frais et aux dépens du contribuable camerounais, ne lui laisse pas d'autre choix que de mourir au pouvoir ou… de mourir au pouvoir. 

Il n'y a qu'à lire cet article publié en avril 2014 sur blogs.mediapart.fr, et aujourd'hui plus que jamais d'actualité, au moment où le sénile dictateur africain brille par son absence de son pays au bord de la guerre civile, pour saisir les ressorts motivationnels de l'inconséquence du président camerounais qui adjure ses esclaves de "serrer la ceinture", tandis qu'il se plaît à mener une vie de jouisseur impénitent. 

Le 19 janvier dernier, les camerounais de la diaspora ont mené une action internationale pour tenter de déloger le président Paul Biya de l'Hôtel Intercontinental de Genève et alerter l'opinion publique mondiale sur la situation catastrophique du Cameroun. Selon la diaspora camerounaise, Paul Biya louerait à l'année un étage entier de cet hôtel de luxe genevois pour lui et une cinquantaine de proches aux frais du contribuable Camerounais. Un train de vie opulent qui contraste fortement avec la misère de son pays, qu'il dirige d'une main de fer depuis plus de 30 ans, et qui s'enfonce  dans un désastre socio-économique.

Ils sont venus à Genève des quatre coins du globe : du Canada, des États-Unis, de Belgique, de France et de Suisse pour « déloger » Paul Biya de l'Intercontinental et attirer l'attention de l'opinion internationale sur la situation qui sévit au Cameroun. Un beau pays, très riche en ressources naturelles, appelé l'Afrique en miniature de par sa diversité ethno-culturelle. Mais, selon ces militants qui se sont rendus à la cité de Calvin du 16 au 19 janvier dernier, « il est temps de faire quelque chose avant qu'il ne soit trop tard. Car le Cameroun va mal, très mal ».

La misère criante du peuple camerounais

Les populations tirent le diable par la queue et le panier de la ménagère se vide jour après jour. « Depuis plusieurs mois, la grande majorité des Camerounais luttent pour avoir une baguette de pain au petit déjeuner. Le prix des produits de première nécessité augmente à un rythme exponentiel, enfonçant le contribuable dans une misère ambiante. La gabegie des dirigeants est dégoutante », nous confie un français marié à une Camerounaise. Il y a plus de deux ans leFonds Monétaire International (FMI) dressait un rapport «  d'une rare sévérité » sur la gestion économique du Cameroun. « La liste des critiques adressées aux dirigeants Camerounais est très longue. Les experts du FMI relèvent pêle-mêle le manque d'infrastructures, la piètre gouvernance et le mauvais climat des affaires », dont le résultat est aujourd'hui « la stagnation économique du pays et sa vulnérabilité à la récente crise financière », relève Radio France Internationale, dans un article d'août 2010.

« Un étage entier de l'Hôtel Intercontinental de Genève loué à l'année »

Pendant ce temps, Paul Biya se prélasse dans l'un des hôtels les plus chers du monde… l'Hôtel Intercontinental de Genève où, selon nos sources, il louerait tout le 6ème étage à l'année et ce, pour une somme pharaonique. Une enclave cossue de Genève des bords huppés du Lac Léman. Un havre de bonheur des grands de ce monde : princes arabes à la pelle, hommes d'états, hommes d'affaires triés sur le volet. Bill Clinton y a d'ailleurs séjourné. Herbert Schott, après avoir passé 35 ans à la tête de l'Hôtel Intercontinental de Genève, jusqu'en 2002, raconte des dizaines d'anecdotes à propos de ses clients les plus célèbres, dans son livre intitulé « L'HÔTELIER », paru en 2007. L'on peut lire que parmi les 157 chefs d'Etats ayant séjourné lors de sa direction à l'Hôtel Intercontinental, Paul Biya est celui qui l'a le plus marqué. Quant à ses trois enfants, ils ont également leur place dans le paradis lémanique, où ils étudient dans le très select Collège du Léman, à Genève. Un établissement scolaire haut de gamme dont les frais de scolarité et d'internat coûtent la bagatelle de 78'000 euros par année et par étudiant, selon Jeune Afrique. « Comment peut-on s'offrir un luxe aussi insolent, quand le pays qu'on dirige est classé PPTE (Pays Pauvre Très Endetté) par les institutions de Bretton Woods » ?, s'offusque un activiste, du nom de Thierry, avant d'ajouter que « Paul Biya est dangereux, méchant et sanguinaire et qu'il faut à tout prix l'empêcher de noyer, de détruire le Cameroun par tous les moyens possibles ». Une situation et un comportement que la plupart des Camerounais trouvent choquants, voire insultants, car la grave crise économique mondiale qui sévit actuellement a aussi des répercussions sur l'Afrique et le Cameroun n'est pas épargné.

«Tentative désespérée pour  déloger le dictateur par la force »

De quoi expliquer la colère des activistes qui se sont rendus à Genève pour protester contre Paul Biya et dont certains n'ont pas hésité à pénétrer dans l'Hôtel Intercontinental, le 19 janvier dernier, lors d'une tentative désespérée pour «déloger le dictateur par la force ». « Nous avons expliqué au personnel et aux dirigeants de cet hôtel que l'argent que Biya et ses amis dépensent dans cet hôtel appartient au peuple Camerounais», tonnaient en chœur quatre activistes Camerounais qui ont pu pénétrer à l'intérieur de l'établissement avant d'être stoppés net par des policiers suisses et la sécurité de l'établissement. Ils ont juré qu'ils le « traqueront partout où il ira gaspiller l'argent des Camerounais ».

Une lettre rédigée par un collectif au nom de « Cameroun libre » a d'ailleurs été envoyée aux autorités Suisses, pour demander l'expulsion de Paul Biya du territoire helvétique. « L'hôtel Intercontinental de Genève se fait complice dans l'accentuation de la misère et la clochardisation du peuple Camerounais. Nous invitons les Camerounais, les amis de Camerounais, les Suisses, et le monde entier à ajouter leur voix à la campagne pour demander à cet hôtel de ne plus accepter Biya et ses amis comme clients. Nous devons clairement faire savoir aux dirigeants de l'Hôtel Intercontinentalque le peuple Camerounais ne va pas se taire, tant qu'ils choisiront de participer au pillage de notre pays », concluaient les activistes.

N.B. : Cet article a été publié en avril 2014. Plus de trois ans après, il a l'air d'avaoir été écrit aujourd'hui, et il n'y pas d'espoir que cela change, dans les années à venir.

Par Bradley Roland Fotimuah



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