Cameroun- Statistiques effroyables : Le pays se taille une solide réputation de "pays d'alcooliques"

Posted on October 19, 2017 14:55:35 Filed in Cameroun


Abêtis par une élite dirigeante égoïste  et je-m'en-foutiste dont la politique socio-économique consiste à traire à l'excès le citoyen contribuable et à ne lui réserver en retour que morgue et misère, les Camerounais ont trouvé dans la consommation effrénée des boissons alcooliques le véritable exutoire de leur malvivre.

Cette situation qui n'est pas pour honorer autant ceux qui ont l'illusoire prétention de pouvoir « noyer » leurs soucis dans l'alcool alors que les soucis ont depuis appris à surfer habilement sur les vagues houleuses de la dérobade pour ne pas qu'on les noie comme on l'entend, que ceux qui ont vraisemblablement remplacé l'antique maxime romaine  « Panem et circenses » (entendez "Du pain et des jeux" ou) par  celle non moins méprisable « de la bière et du football », a donné à nos confrères de BBC.com de quoi tondre le peu de laine qu'il restait à une réputation camerounaise déjà entamée par le caractère corrompu et dictatorial des  dirigeants du pays.

Et cela a donné  à peu près le titre suivant d'un petit billet épicé rédigé en début de semaine sous le titre «Cameroun: le pays où la bière est "reine" ».
 
Où notre confrère relève que quoique la principale société brassicole du Cameroun (la SABC) clame une baisse de ses ventes à cause de la baisse du pouvoir d'achat des consommateurs qu'est venue complexifier davantage l'augmentation des droits d'accises sur les produits brassicoles, la réalité de la consommation des boissons observée sur le terrain semble plutôt trancher nettement avec cette information.

Et BBC.com n'en veut pour preuve qu'un rapport du cabinet LV Next Century, qui révèle que « Les Camerounais auraient consommé près de 600 millions d'hectolitres de bière l'an dernier ».

En 2016 quoiqu'elle se plaignait déjà de la baisse de ses ventes au courant de l'exercice 2015, par rapport à 2014, la même société avait affirmé, à en croire le site clubwandastic.com avoir vendu environ 6 600 000 hl soit 660 millions de litres de bière. L'une de ses concurrentes les plus en vue, Guinness, avait quant à elle vendu 94,3 millions de litres.

Cela faisait un total de 754 millions de litres de bière (7,54 millions d'hectolitres de bière) vendus par les deux sociétés les plus importantes de la place brassicole camerounaise. En tout cas, 80 fois moins que le chiffre astronomique de 2016 avancé par LV Next Century, à moins que ce cabinet se soit trompé en écritures en ajoutant quelque part dans ses chiffres, un zéro qui n'y avait pas sa place !

Ça craint !

Mais si le chiffre de 600 millions d'hectolitres était pertinent, cela voudrait dire, en termes plus prosaïques, que les compatriotes de Paul Biya, 23 millions d'individus (si l'on postule que le taux d'accroissement naturel de  ce pays estimé à 2,7% est resté constant depuis le dernier recensement général de la population de 2005 qui pointait officiellement 17,5 habitants est resté constant) ont ingurgité en l'an de (dis)grâce 2016, quelque 60 milliards de litres de bière, soit 2608,5 litres par individus.

La part journalière de bière consommée par individu s'élèverait alors à 7,1 litres.
A ces statistiques qui donnent froid dans le dos, il faut ajouter que la capacité (officielle ?) d'une bouteille de bière au Cameroun est de 65 centilitres. Déduction, pour boire 7,1 litres, il faut s'en acheter environ 10 bouteilles.

La bière le plus bon marché coûte 600 francs CFA, et la plus coûteuse se vend 1000 F.CFA la bouteille de 65 Cl. Même dans l'hypothèse que tout le monde est abonné "moins cher", le Camerounais dépenserait par jour 6.000 (six mille) francs pour [sa] bière.

En tenant compte des variations allant de 3 à 8% du taux d'alcool pour chaque bouteille, selon les marques de bière, on a une moyenne de 5,5% d'alcool par bouteille de 65 Cl, soit 3,575 cl d'alcool par bouteille de bière, pour un total de 35,75 Cl d'alcool brut.

A ce stade, on n'est plus seulement candidat à la cirrhose, on y littéralement installé !

Ensuite, il faut considérer que plus de la moitié de la population a moins de 18 ans, et constitue la tranche de ceux qui ne peuvent ou ne doivent pas s'acheter une bière selon une règle sociétale non écrite, mais bien établie et presque bien respectée. Il faudrait alors multiplier par deux la quantité de bière bue par l'autre moitié. Soit 14, 2 litres ; 20 bouteilles de 65 Cl/jour pour 71,5 Cl d'alcool brut déversé dans le sang. Le tout payé 12.000 Francs Cfa par jour.

Et ce n'est pas tout !

Si l'on considère que dans le terme "bière" le cabinet LV Next Century n'a pas mis ensemble bière, vins et spiritueux, il ne faut pas perdre de vue les riches, et autres élites qui snobent les boissons « made in country » auxquelles ils préfèrent du grand cru de Bordeaux ou de Castille, ainsi que les centaines de milliers de personnes qui « ne touchent jamais à la bière », le nombre de consommateurs des 600 millions d'hectolitres de bière se rétrécit considérablement, faisant donc de ceux-ci de véritables cas sociaux ou pathologiques.
 
Mais dans tous les cas, pour un pays qui clame tous les jours s'être rangé en ordre de bataille pour parvenir au statut de pays émergent en 2035, il est difficile que ce type d'ambition qui nécessite de la concentration puisse être réalisée par des cerveaux embués d'alcool, ou des portefeuilles qui, minées par le désespoir, n'osent même plus opposer la moindre résistance à l'attrait de la gnole.

Une situation qui devrait interpeller les dirigeants camerounais dont le fait d'accaparer les richesses du pays pour leurs seuls besoins, a fini par jeter leurs citoyens pourtant laborieux de ce pays dans les bras très trompeurs du dieu Bacchus, qui n'a pas hésité à les placer sous l'emprise de la "reine" bière.     

Ndam Njoya Nzoméné



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