Marche arrière- Les Etats-Unis se retirent du pacte mondial pour les réfugiés : le nouveau pied-de-nez de Donald Trump

Posted on December 3, 2017 13:46:58 Filed in International





Le président américain a annoncé ce samedi que les Etats-Unis ne participeront plus au projet de pacte mondial sur la question des migrants. Un (nouvel) affront pour l'ONU et un moyen d'asseoir sa vision protectionniste.

Depuis son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump se désengage peu à peu d'une foule de projets ou d'accords internationaux, contredisant de nombreux engagements de son prédécesseur Barack Obama. Et la liste commence à être longue. En janvier, à peine élu, le chef d'Etat signifiait son retrait du partenariat transPacifique (TPP), signé en 2015 avec onze pays de la région Asie-Pacifique et représentant 40% de l'économie mondiale. En juin, le président américain se désengageait de la lutte le réchauffement climatique de la planète en se retirant de l'Accord de Paris. Deux mois plus tard, il tentait de renégocier l'Accord de libre-échange nord-américain jugé défavorable aux Américains. En octobre, Donald Trump envoyait promener l'Unesco - l'Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture. Avant de s'en prendre à la non-prolifération nucléaire en Iran, en refusant de certifier un accord de 2015.
Ce samedi, nouvelle fuite en avant, cette fois sur la question des migrants.

"America First"

"La mission américaine auprès de l'ONU a informé son secrétaire général que les Etats-Unis mettaient fin à leur participation au Pacte mondial sur la migration", a annoncé dans un communiqué l'administration de la Maison Blanche. Autrement dit, il se retire d'un projet d'accord international visant à garantir des "migrations sûres, ordonnées et régulières". Sa justification est simple : ce projet est "incompatible" avec sa politique migratoire. Fin de la discussion.

"Un engagement politique d'une force et d'une résonance sans précédent"

Alors de quoi parle-t-on exactement ? Ce Pacte mondial sur la migration n'en était qu'à l'état de projet, l'idée a émergé l'année dernière. En septembre 2016, les Nations Unies adoptaient à l'unanimité la Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants. Par ce texte, les 193 membres de l'ONU s'engageaient à améliorer la protection de ces déplacés, notamment en soutenant "les pays touchés par les déplacements massifs de réfugiés et de migrants", mais aussi en établissant des règles internationales pour assumer ensemble et "de manière plus équitable et prévisible " les migrations. A l'époque, le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés saluait "un engagement politique d'une force et d'une résonance sans précédent". "Elle vient combler une lacune persistante du système international de protection, à savoir l'instauration d'un authentique partage des responsabilités à l'égard des réfugiés", s'enorgueillissait Filippo Grandi. Deux "pactes" devaient voir le jour en 2018. Ce sera donc sans les Etats-Unis.

"La Déclaration de New York comprend plusieurs dispositions qui sont incompatibles avec les politiques américaines d'immigration et de réfugiés et les principes édictés par l'Administration Trump en matière d'immigration", a expliqué dans un communiqué la mission des Etats-Unis auprès de l'ONU. "L'Amérique est fière de son héritage en matière d'immigration et de son leadership dans le soutien aux populations migrantes et réfugiées à travers le monde", a souligné dans le communiqué l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley. Mais "l'approche mondiale de la Déclaration de New York est juste incompatible avec la souveraineté américaine", a-t-elle ajouté. Cette fidèle de Donald Trump souhaite que les "décisions sur les politiques d'immigration (soient) toujours prises par les Américains et les seuls Américains".

Du côté des Nations Unies, cette annonce en démoralise plus d'un. "Les migrations sont un problème mondial qui réclame une réponse mondiale", a  ainsi rétorqué le président en exercice de l'Assemblée générale, dans un communiqué. "Le multilatéralisme reste le meilleur moyen pour faire face à des défis mondiaux" a ajouté le chef de la diplomatie slovaque, Miroslav Lajcak. Et ils sont nombreux...

Claire Cambier



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