Cameroun/Crise Anglophone: Encore 4 soldats tués, le pays va au-devant d'une guerre civile extrêmement sanglante!

Posted on December 3, 2017 13:47:07 Filed in Cameroun


 
© Stringer, AFP | Le 17 novembre 2017, des soldats camerounais brandissent les photographies de soldats tués dans des affrontements avec la minorité anglophone dans le sud-ouest et le nord-ouest du pays.



Citant tantôt des sources militaires qui auraient requis l'anonymat, tantôt le ministre camerounais de la Communication, des médias camerounais et internationaux ont fait état mercredi de l'assassinat survenu dans la nuit de mardi, en zone anglophone troublée depuis novembre 2016, de quatre autres militaires camerounais dont les armes auraient par ailleurs été emportées. Ce dernier drame qui épouvante les Camerounais inquiets  de cette escalade de la violence porte à 8 (huit) la statistique macabre dans les rangs des vaillantes forces de défense camerounaises.


Aussitôt ces faits d'une extrême gravité qui font craindre pour la stabilité à moyen terme du Cameroun annoncés, un doigt accusateur a été pointé sur les sécessionnistes anglophones, notamment un certain Cho Lucas Ayaba, présenté comme le commandant-en-chef d'une prétendue Ambazonian Defence Forces (ADF), qui ne serait manifestement pas la branche armée du mouvement sécessionniste dirigé par Sissiku Julius Ayuk Tabe, mais mouvement séparatiste, plus radical quant à lui, prônant la lutte armée "jusqu'à la libération" de ce qu'ils appellent le Southern Cameroon.


Mais au-delà de ces accusations un peu trop hâtives, aucune source autorisée n'a pu donner la preuve jusqu'ici que ce sont les séparatistes qui, après avoir compté ses dizaines de morts depuis le début de la crise anglophone en novembre 2016,  auraient commencé à porter eux aussi la mort dans le camp ennemi à travers des actions terroristes.

Même les révélations faites par "l'unique survivant" du massacre manquent de cohérence. Il aurait prétendu avoir été épargné par les assaillants parce qu'il est anglophone. Or les sources qui ont relayé  le rescapé "anglophone" affirment qu'un autre soldat anglophone nommé Julius Tih a été tué au cours de l'attaque.

Faut-il penser que les assaillants sécessionnistes ont pris le temps d'identifier leurs victimes avant de les exécuter ? Quelle garantie ont-ils obtenue du rescapé pour trouver en lui le "bon anglophone" pouvant « survivre » tandis que l'autre qui y est passé n'était bon que pour accompagner ses camarades dans l'au-delà ?

Il faut ajouter à ces éloquentes incohérences le fait que depuis mercredi fusent des appels insidieux à la vengeance. « Ils (les séparatistes) ont assassiné nos militaires. Si ce n'est pas du terrorisme c'est quoi? », aurait par exemple affirmé une source militaire citée par l'AFP, tandis que le ministre camerounais de la Communication annonce « une riposte à la mesure de leurs crimes ». Selon RFI qui cite à son tour un haut gradé de l'armée qui tient pour quantité négligeable la menace que représente les sécessionnistes extrémistes, « du côté de l'armée, certains commencent en avoir assez de faire preuve de retenue ». Le haut gradé en question aurait déclaré à nos confrères de la radio française : « Les autonomistes Ambazoniens, comme ils se nomment, sont des enfants de chœur, si on les compare à Boko Haram ».

Des propos qui ne peuvent pas être considérées comme des paroles en l'air, pour qui a vu l'armée camerounaise à l'œuvre, que ce soit dans le cadre du combat contre les terroristes de la secte terroriste Boko Haram, ou dans le cadre de la répression brutale des revendications anglophones qui a poussé la plupart de ceux-ci à sympathiser avec les tenants des thèses sécessionnistes. Et cela, les sécessionnistes le savent, eux qui n'ont pas les moyens militaires de faire face à la force de feu de l'armée camerounaise.

D'où la question qui agite de nombreux esprits depuis que l'on est passé des incendies des établissements scolaires attribués aux sécessionnistes aux assassinats des militaires et gendarmes  également imputés aux sécessionnistes, en passant par les explosions de bombes artisanales qui ont aussi été mis à leur actif : qui a vraiment intérêt à ce que le soulèvement anglophone dont la répression et barbare par le pouvoir au Cameroun a suscité presque à l'unanimité la désapprobation de la communauté internationale et de la majorité de la classe politique locale, se transforme en une véritable guerre pouvant justifier une utilisation plus accrue des armes comme moyen de régler définitivement un problème dont des "naïfs" tenant sincèrement à l'unité nationale prétendent qu'il ne peut se résoudre que par le dialogue, fut-il sur centré sur une discussion de la forme de l'Etat ?

Une chose est certaine, la mort d'environ une dizaine de soldats camerounais qui est autant une perte énorme que celle des anglophones –fussent-ils des insurgés et des sécessionnistes-, vient en rajouter une couche épaisse de gravité à une situation déjà très tendue et préludant à une quasi inéluctable hécatombe.

Peut-être est-ce maintenant que l'ONU, les organisations internationales et les amis du Cameroun doivent intervenir plus énergiquement, au lieu de faire du service minimum diplomatique, attendant que les fils de ce pays s'entretuent pour trainer les survivants à la Cour Pénale Internationale, et se partager le « marché de la reconstruction » du pays désormais vidé de ses occupants légitimes !

Ndam Njoya Nzoméné



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