Cameroun- Assemblée nationale: Une député de l'opposition blesse un député de la majorité

Posted on December 11, 2017 18:43:07 Filed in Cameroun



Samedi, une députée de l'opposition camerounaise, l'Honorable Tomaïmo Ndam Njoya de l'Union Démocratique du Cameroun a fini par perdre son sang-froid en adressant violemment un projectile -que des témoins ont dit être une chaussure enlevée de son pied- alors qu'il s'agissait en réalité de son chevalet,  sur la tête de l'un de ses collègues de la majorité, le député Richard  Wallang du Rdpc, parti au pouvoir.

En effet, lors d'une séance de la session parlementaire de novembre-décembre consacrée  au vote  de la loi des finances 2018, la député Hermine Patricia Ndam Njoya, chef de file des parlementaires de l'UDC qui compte quatre députés au sein de l'hémicycle a été ulcérée par le comportement discriminatoire du président de l'Assemblée nationale, éminent militant du parti au pouvoir dont il est l'un des membres du très sélect Bureau politique, qui lui a systématiquement refusé la parole, au point de clore les discussions sans qu'elle ait pu faire sa communication après quatre bonnes heures d'attente.

Visiblement, la député qui s'est excusée pour son geste violent –mais compréhensible- ne visait pas personnellement le député Richard  Wallang au moment de lancer son projectile, mais voulait signifier au président de l'Assemblée que le chevalet qui est le symbole de la demande de parole des députés ne [lui] servait à rien, puisque qu'elle s'en était servie en vain.

« Entre 16 heures 30 minutes et 20 heures 30 minutes, j'ai préparé ma communication. Je ne suis pas à l'Assemblée pour y figurer, ni pour m'amuser. J'ai été élue par des centaines de populations qui attendent que notre projet puisse être connu de tout le monde, alors je crois qu'il faut plutôt vous diriger vers le comment en est-on arrivé à cela. Ça aurait pu être plus grave et ça peut être plus grave. », a-t-elle expliqué à nos camarades de Camer.be qui lui demandaient si elle regrettait son acte.

Il faut dire que l'acte de l'Honorable Tomaïmo n'est pas un cas isolé en Afrique où ces dernières années, le débat parlementaire au sein de certains hémicycles virent fréquemment au combat à poings fermés.

Un peu comme si les parlementaires africains se sont découverts depuis un certain temps une belle vocation de bagarreurs. Après l'Algérie dont l'Assemblée Nationale s'est transformée un jour de novembre 2015 en ring de boxe avec pour compétiteurs les députés de la majorité et de l'opposition, suivie du Nigeria en décembre de la même année, les parlementaires ougandais qui n'avaient pas réussi à s'entendre dans le cadre des échanges verbaux sur la limite d'âge des candidats à l'élection présidentielle ont, en septembre dernier,  fait eux aussi la démonstration de leur "vigueur" en se cognant copieusement dessus, sans considération de sexe ni de condition physique.

Natondi K.



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