Bréviaire de la tyrannie macabre : De l'art de trucider un Peuple "pacifique" et "sans défense"

Posted on February 6, 2018 21:02:46 Filed in Actualites



Le règne de la ''Bourreaucratie'' en République démocratique du Congo
''Le bourreau et le souverain forment un couple. Ils assurent de concert la cohésion de la société'' Roger Caillois, sociologue et critique littéraire français

S'ils ont, encore, vraiment une quelconque dignité à faire valoir ou un quelconque honneur à défendre, les dignitaires de la République démocratique du Congo ne sont pas des gendarmes parce que leur mission ne consiste pratiquement point à surveiller un Peuple, par nature, ''pacifique''. Ils n'en ont, d'ailleurs, cure. Ils n'en ont, d'ailleurs, rien à cirer. Très concrètement, ces derniers ne sont pas non plus des geôliers puisque leur rôle primordial ne se résume pas à surveiller des prisonniers, a fortiori un Peuple meurtri dont le destin politique et national se confond malheureusement avec le sort effroyable d'un forçat ou esclave, a fortiori d'un condamné à mort. D'ailleurs, ceux-ci n'ont professionnellement jamais été formés à ce métier de surveillant.

Au regard de toutes leurs activités politiques, administratives et gouvernementales, les officiels de cet État majestueux de l'Afrique centrale et de la région des Grands Lacs exercent, plutôt, le métier de ''Bourreau''. Il s'agit, à vrai dire, d'une occupation professionnelle qui n'exige aucune ''compétence'' intellectuelle. Même pas une seule qualité morale. En tant qu'activité politique ou action publique, elle ne nécessite point la moindre ''sollicitation des méninges'' ou la productivité au niveau cérébral en vue d'accomplir aisément des tâches assignées.

En effet, ces dirigeants politiques, administratifs et gouvernementaux sont placés au plus haut sommet du pouvoir d'État par de puissants intérêts maffieux non pas pour assurer des lendemains meilleurs à leurs ''propres'' concitoyens qu'ils prétendent, d'ailleurs, officiellement représenter mais plutôt pour les massacrer comme du gibier. Ils y sont donc placés pour les exterminer, les éliminer. Rien de plus ! Rien de moins ! Cet objectif macabre fait, naturellement, de la République démocratique du Congo une terre d'extermination et d'oppression, une contrée de massacre et de génocide, d'ailleurs, préprogrammés par des puissances extérieures, d'extraction occidentale. Ce qui n'est pas sans rappeler la cruauté de l'entreprise ''léopoldienne''.

En effet, c'est un secret de polichinelle, la triade despotique animée par les rebelles à la liberté et la démocratie – [les mercenaires] – Joseph-Désiré Mobutu Sese Seko du Zaïre, Mzee Laurent-Désiré Kabila et Joseph Kabila Kabange a toujours ''carburé'' au sang humain. À preuve, leurs régimes respectifs sont remplis d'anecdotes macabres. Massacres d'Idiofa (1978) et de Katekelayi (1979), massacre des Occidentaux et des villages tshokwe du Katanga lors de la guerre de Kolwezi (1979), épuration ethnique et génocide des Kasaïens au Katanga sous le Maréchal-despote Mobutu Sese Seko du Zaïre. Massacres à large échelle des ethnies congolaises et hutues rwandaises à Walikale, Tingi-Tingi, y compris la chasse aux sorcières des Tutsis, sous le guérillero révolutionnaire Laurent-Désiré Kabila. Extermination systématique et automatique des populations du Grand Kivu, des Nande et des Kasaïens, massacres des partisans de la secte politique et religieuse Bundu dia Kongo sous la tyrannie de Joseph Kabila Kabila, etc.

En d'autres termes, l'exercice du pouvoir politique en République démocratique du Congo ressemble, à s'y méprendre, à une activité ou une partie de chasse. Donc, dans ce pays africain, être une autorité publique équivaut, en réalité, à exercer des talents de chasseur. Dans ce cas fort spécifique, il ne s'agit pas du tout d'un chasseur de gibier, d'ailleurs, destiné à la consommation, donc à la survivance de la Collectivité étatique. En l'occurrence, il s'agit d'un chasseur d'hommes manifestement animalisés, d'un chasseur d'êtres humains totalement néantisés, dont le destin politique et national est, plutôt, suspendu au bout du fusil.

Être une autorité en République démocratique du Congo disposant d'une parcelle de pouvoir politique, administratif et gouvernemental signifie, en réalité, faire montre de qualités propres à un rapace, faire montre de dextérité propre à un prédateur. À disséquer leurs comportements et gestes en matière de respect scrupuleux des droits humains fondamentaux, l'on peut nettement affirmer, aisément conclure, sans pour autant se tromper, que ''les dirigeants de cet État africain sont des félins qui agissent exactement comme le léopard dans la jungle''. Ce qui revient à dire que ceux-ci sont, en vérité, des prédateurs féroces qui tuent leurs victimes moins par nécessité que par simple plaisir d'accomplir un rituel, de se conformer textuellement à une tradition qui définit intrinsèquement leur être ''profond''.

À vrai dire, toutes les autorités politiques, administratives et gouvernementales de la République démocratique du Congo sont, par essence, des bouchers. Ceux-ci évoluent visiblement dans un ''abattoir à ciel ouvert''. Ces dirigeants soi-disant ''nationaux'' ou ''nationalistes'' sont, en réalité, embauchés par la Communauté internationale pour diminuer drastiquement la taille démographique de leur population. À ce propos, le Royaume de Belgique fait normalement, à titre d'ancienne puissance coloniale, office d'agence nationale pour l'emploi (ANPE) aux fins de recrutement politique[i]. À cet égard, ces autorités participent aisément à l'équilibre de l'écosystème humain pour satisfaire les exigences sordides d'un Occident réellement confronté à la dénatalité sur le plan démographique.

Pour ainsi dire, l'exercice pratique du pouvoir politique en République démocratique du Congo se réduit inexorablement, indubitablement à l'administration systématique et automatique de la mort dans la société. En vérité, celle-ci s'applique invariablement sur des individus auxquels il n'est reconnu aucun droit fondamental, aucune liberté, en tant que personne humaine ou Citoyen. C'est-à-dire : Sujet des ''droits inaliénables et sacrés''. Sujet des ''libertés' fondamentales''.

Ce qui est sûr et certain, l'administration effective de la mort par le truchement des autorités politiques, administratives et gouvernementales sur des Citoyens paisibles, pacifiques, s'apparente à l'application de la peine de mort. Elle s'apparente, en fait, à l'exécution d'une décision de justice qui consiste à supprimer de façon souveraine la vie humaine afin de manifester sa puissance suprême et de susciter indubitablement la peur noire parmi les Citoyens au sein de la Collectivité étatique. Celle-ci s'opère en réalité de deux manières. Elle s'accomplit, très concrètement, de manière tout à fait violente ou tout à fait non violente. Dans cette hypothèse, la non-violence signifie de façon ''douce''. Comme dans le cadre de l'euthanasie, cette administration de la mort s'opère de manière purement douce.

La ''Strong Bourreaucratie''
En réalité, la Bourreaucratie chargée d'administrer la mort dans la société humaine se manifeste, en tout temps, par la violence. Celle-ci est, sans aucun conteste, armée. Elle utilise, de ce fait, les armes létales dans le but de supprimer la vie d'une personne humaine. Dans sa logique mortuaire, supprimer la vie équivaut en fait à l'élimination physique de toute contestation de son bien-fondé, de tout rejet de sa place éminente dans l'environnement politique et social qu'elle est censée, par définition, quadriller et asphyxier. De ce fait, elle est appelée, amenée à organiser des expéditions punitives.

En réalité, la violence armée est la véritable nature de la Bourreaucratie. À vrai dire, c'est son mode d'expression politique et administrative. C'est, à n'en pas douter, son mode opératoire non pas pour manifester son existence physique ou matérielle mais pour instiller, plutôt, la peur dans la société humaine, pour inspirer indéfiniment la crainte. C'est, donc, le règne de la terreur systémique. Par conséquent, la terreur issue directement de la violence ''armée'', d'ailleurs, subtilisée à l'État est, par essence, sa marque distinctive.

La violence armée déployée par la Bourreaucratie s'exprime tout à fait naturellement lors de manifestations pacifiques des Citoyens. En effet, toutes les marches organisées dans l'optique de revendiquer les droits humains fondamentaux sont sans conteste, pour elle, l'occasion idéale de provoquer tous azimuts la mort au nom de la prétendue stabilité du régime politique qu'elle incarne. Donc, opprimer les droits fondamentaux, tordre les libertés publiques, asphyxier la population, réprimer les Citoyens et, par-delà, supprimer violemment leur vie physique, participent, selon l'entendement de la Bourreaucratie, inéluctablement à la stabilité institutionnelle de l'État.

À cet égard, il convient de mentionner la répression sanglante qui s'est abattue sur la marche des Chrétiens du dimanche 16 février 1992 sous Mobutu Sese Seko du Zaïre. Aussi convient-il de mentionner la répression brutale des manifestations organisées sous la couverture de la toute-puissante Église catholique par le fameux ''Comité laïc de coordination des Catholiques'' (CLC) le dimanche 21 janvier 2018 sous l'imposture de Joseph Kabila Kabange.

De son point de vue strictement sécuritaire, tordre réellement les libertés publiques fondamentales ou libertés républicaines, c'est contribuer à l'assise de la paix sociale et publique. C'est, pratiquement, contribuer à la consolidation ''réelle'' de la sécurité collective. C'est, d'ailleurs, la raison pour laquelle la Bourreaucratie ''prétexte'', sans hésiter, au titre de la répression des manifestants pacifiques la présence d'éléments subversifs que personne n'est vraiment capable d'identifier, et lesquels représentent un danger supposément public et social. Dans l'optique de justifier son comportement par définition répréhensible, le vocable utilisé à ce propos en vue de [dis]qualifier ces inciviques imaginaires est ''terroriste''.

Force est d'admettre que la logique d'étouffement violent des droits inaliénables et sacrés des Citoyens pour assurer la sécurité du régime politique et, par conséquent, la stabilité du pouvoir administratif et gouvernemental explique, très pertinemment, l'intervention massive de forces de sécurité et de défense dans la gestion des humeurs populaires. À cet égard, les manifestations des 19 septembre 2016, 31 décembre 2017 et 21 janvier 2018 en sont une parfaite illustration. Leur étouffement dans le sang traduit, à n'en point douter, cette vision macabre évidemment nourrie par un système totalement aux abois. En vérité, celui-ci considère impunément l'exercice des libertés républicaines comme une grave atteinte à la sûreté de l'État. Il l'appréhende comme une réelle entrave au bon fonctionnement des institutions politiques.

Ce qui est clair voire indéniable, la Bourreaucratie en tant que régime politique animé par des Bourreaux, est tout à fait rassurée et même sereine lorsque les individus qui vivent en permanence dans les limites de sa juridiction ou son territoire d'influence administrative, donc sous le joug de sa puissance publique, éprouvent constamment la peur. En tant que pouvoir administratif et gouvernemental, la Bourreaucratie ne se sent menacée, [prend ses aises], lorsque les Citoyens lui vouent perpétuellement une crainte sans borne. En tant que système substantiellement fondé sur l'absolutisme ou l'arbitraire, elle s'affirme bruyamment lorsque la notion politique de Citoyenneté est complètement effacée de la société en tant que mode d'expression des droits humains fondamentaux et exercice pratique des libertés publiques et républicaines.

La ''Soft Bourreaucratie''
Si elle est, sans aucun doute, réputée utiliser des moyens violents – telles les armes létales – pour ôter la vie des Citoyens, la Bourreaucratie recourt, très souvent, à des méthodes non-violentes pour tuer des individus ou supprimer la vie de la majorité de la population. Dans ce cas fort spécifique, il s'agit des méthodes qui ne nécessitent pas forcément et logiquement le déploiement de la violence physique et légitime de l'État. Il s'agit, plutôt, des méthodes liées aux actes de gestion politique et administrative. En l'espèce, il s'agit, bien entendu, des décisions arrêtées par la Bourreaucratie pour gérer la Cité, gouverner l'État ou administrer les Citoyens.

Dans ce processus décisionnel, la Bourreaucratie est pratiquement conduite, poussée à prendre des décisions capitales qui ont réellement pour conséquence de provoquer des morts massives d'individus. Soit directement, soit indirectement. À ce niveau, celle-ci ne s'inscrit point dans une logique d'affrontement direct où les adversaires ou ennemis sortent très rapidement des gants de boxe pour guerroyer ou combattre. Elle ne situe nullement dans une logique de confrontation immédiate avec la masse ou la population.

Dans ce processus décisionnel, par définition, meurtrier et assassin, la Bourreaucratie prend réellement des décisions de nature à provoquer artificiellement la faim ou la famine. À ce propos, il importe de mentionner la rétention permanente des salaires normalement dus ou versés aux fonctionnaires publics. Cette politique délibérée de confiscation des revenus d'agents de l'administration de l'État a, en réalité, pour effet de restreindre drastiquement le pouvoir d'achat des ménages. Elle entraîne, en fait, la paupérisation de cette frange de la population. Celle-ci n'a effectivement plus accès à toute une série de biens de consommation courante. Elle n'a plus du tout accès à une alimentation à forte teneur protéique ou vitaminique. Il s'en suit, par conséquent, le très redoutable et très dévastateur phénomène de sous-alimentation ou malnutrition.

En effet, la population fortement appauvrie, artificiellement paupérisée par le régime en place, consomme en réalité moins de 1590 calories par jour. Ce qui ne lui permet guère d'être suffisamment en bonne santé. Toutefois, ce phénomène de malnutrition ou sous-alimentation date, à vrai dire, de l'époque tyrannique du Maréchal Joseph-Désiré Mobutu Sese Seko du Zaïre où la consommation journalière des calories avait très largement chuté en-deçà de la barre nutritionnelle de 2000 calories par jour.

Toutefois, sous la présidence ''autocratique'' de Joseph Kabila Kabange, la population extrêmement appauvrie meurt de plus en plus de faim. Ce qui constitue, à n'en point douter, l'étape alarmante précédant la phase dramatique de la famine[ii]. À cet égard, des rapports de l'Organisation des Nations unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) voire du Programme alimentaire mondial (PAM) affirment péremptoirement qu'un dixième de Congolais meurt de faim en 2016 – 2017[iii].

En effet, sous la Bourreaucratie, la population n'a pratiquement plus les moyens de se nourrir convenablement. En fait, elle ne peut normalement plus manger trois à cinq fois par jour. En raison de la dégradation drastique des conditions socioéconomiques, de la précarité et de l'extrême pauvreté, celle-ci est, plutôt, réduite à manger, dans le dessein d'assouvir la faim, une fois tous les trois jours en alternance entre les parents, les filles et les garçons. Un tel phénomène génère souvent la dégradation progressive ou rapide de la santé. D'ailleurs, cette dégénérescence est très susceptible de rendre vulnérable la population en termes de défense immunitaire pour se prémunir contre des pathologies, tout à fait, bénignes ou sévères.

À ce niveau, il faut aussi mentionner la dépréciation du franc congolais par rapport à la devise américaine. Cette dévaluation monétaire contribue à provoquer l'explosion des prix de biens de consommation courante ou de denrées alimentaires, d'une part. Et, d'autre part, elle exclut du spectre social une masse immense de Citoyens dont le pouvoir d'achat déjà rabougri part logiquement en fumée. Comme l'augmentation des salaires ne suit pas toujours forcément l'inflation, des ménages sont, par conséquent, automatiquement pris dans la trappe de la précarité socioéconomique. Des familles entières sont, donc, enfermées dans cette prison qu'est, en réalité, l'exclusion sociale.

''Sans revenus conséquents et dignes de ce nom, sans salaires décents ou salaires tout court, les familles ne peuvent plus manger convenablement, très correctement. Elles ne peuvent pas du tout manger. Comme elles ne peuvent nullement consommer des denrées alimentaires très riches en protéines et en vitamines pour bénéficier d'une santé de fer, elles sont alors sujettes à toutes sortes de maladies. Celles-ci entraînent, par conséquent et en définitive, la mort''.

À ce niveau, il faut inclure l'attribution tout à fait sauvage des concessions minières à des entreprises étrangères qui sont, évidemment, des propriétés de multinationales. Celle-ci se fait, souvent, sans consultation populaire des communautés avoisinantes intéressées au premier chef. Elle se fait, surtout, au détriment unique de leurs intérêts immédiats et légitimes. Bien entendu, ces groupes n'ont aucune possibilité de recours devant des juridictions nationales par avance muselées, corrompues. Entre autres en cas de contamination avérée des sites environnementaux provoquant des maladies nuisibles affectant très sérieusement la santé de ces groupements humains.

Ce qui est vraiment une façon de tuer à petit feu – en douceur, pour être politiquement correct – la population. À cet égard, il convient de mentionner l'exemple patent de la Canadienne ''Glencore''. En effet, les activités minières de cette Transnationale cotée à la bourse ont provoqué, à en croire des médias d'enquête internationaux, l'explosion d'épidémies ou de maladies parasitaires suite à la contamination évidente de la nappe phréatique au Katanga[iv].

En clair, les décisions irréfléchies de la Bourreaucratie entraînent, irrémédiablement, la dégradation des conditions sanitaires et environnementales. Celles-ci sont, à vrai dire, susceptibles d'affecter sévèrement la santé individuelle ou collective. Aussi sont-elles susceptibles de provoquer conséquemment ou consécutivement la mort.

Il n'en demeure pas moins vrai que la Bourreaucratie de la République démocratique du Congo provoque, à cet égard, d'importantes catastrophes humanitaires en refusant délibérément de distribuer l'eau potable à toute la population déjà condamnée à mort par avance. Son refus de désobstruer des égouts dans les agglomérations entraîne, en réalité, des inondations dans des centres urbains avec son lot de difficultés sociales et sanitaires. À titre d'exemple, les inondations combinées avec des immondices non ramassées par des services publics ou compagnies privées entraînent l'explosion du choléra, de la malaria, de l'amibiase et bien d'autres maladies affectant sensiblement la peau.

Dans le cas certes susmentionné, la Bourreaucratie utilise cyniquement l'insalubrité publique pour compromettre évidemment la santé physique de la population. Elle ne se gêne même pas de l'utiliser en tant qu'arme de destruction massive pour réduire à néant la vie de l'ensemble des Citoyens. En effet, ce cocktail explosif concocté à partir de la combinaison ''mortelle'' entre inondations et fatras de déchets a pratiquement pour effet la prolifération extrêmement rapide de moult agents pathogènes de type microbien, bactérien ou viral. Dans la vie quotidienne de la Cité, ceux-ci provoquent des maladies en raison de la proximité entre humains, immondices et inondations qui polluent inéluctablement, négativement l'habitat et l'environnement. Par conséquent, le développement des maladies engendrées par ces agents pathogènes entraîne en raison de leur nocivité la mort massive de Citoyens en cas d'épidémies si elles ne sont pas très rapidement circonscrites ou endiguées. 

À vrai dire, ce portrait apocalyptique attend, normalement, la capitale Kinshasa – une ville de plus de 15 millions d'habitants – récemment victime d'inondations majeures et du refus de ramasser des immondices par les autorités urbaines et provinciales.

Force est de constater que cette méthode de pollution de l'environnement humain est délibérément utilisée comme une arme de chantage politique faite à la population pour obtenir sa résignation complète. C'est ce que la Bourreaucratie appelle la guerre des nerfs entre le pouvoir et la population. En effet, dans ce bras de fer, cette dernière est appelée à s'effacer au profit de la tyrannie, à se soumettre à sa volonté loufoque. Bien entendu, moyennant rien !

Par ailleurs, d'après les bulletins de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qui est une agence de l'ONU, la République démocratique du Congo détient, présentement, à elle seule, les 80 % des cas répertoriés dans le monde entier, en ce qui concerne des patients durement frappés par la maladie du sommeil ou ''trypanosomiase africaine'' provoquée par la fameuse mouche tsé-tsé. Sans compter que le méningocoque frappe avec une virulence inouïe qui entraîne des décès en quantités sûrement industrielles. Sans compter que les hôpitaux sous le Maréchal-despote Joseph-Désiré Mobutu Sese Seko du Zaïre, le guérillero révolutionnaire Mzee Laurent-Désiré Kabila et le soudard Joseph Kabila Kabange sont de véritables mouroirs.

Force est de souligner que ces établissements hospitaliers manquent généralement des produits pharmaceutiques. Ceux-ci sont, évidemment, l'objet de contrebande de la part des groupes maffieux gravitant autour du régime de flibustiers. Sans compter que toutes ces institutions hospitalières ne sont même point dotées d'équipements appropriés pour recevoir des patients qui suivent, selon leur condition, un traitement médical. Sans compter que les frais médicaux déjà exorbitants sont pratiquement à la charge exclusive des familles très souvent pauvres et démunies, sans travail digne et sans revenus décents.

Par ailleurs, avec la dégradation des conditions sanitaires et environnementales, il n'est pas totalement exclu que la fièvre hémorragique provoquée par le virus ''Ébola'' fasse sa énième réapparition depuis l'année 1976. Si cette prédiction doit se réaliser, sa résurgence devrait, sans aucun doute, être accompagnée d'un taux de prévalence extrêmement élevé. En effet, le pouvoir politique et gouvernemental, l'administration publique et les autorités sanitaires n'ont absolument pas pris, à ce jour, des mesures prophylactiques appropriées pour se prémunir contre ce type d'épidémies mortelles.

Ce qui est clair et indéniable, pour s'imposer en République démocratique du Congo qui peine, sans aucun doute, à édifier une société de justice et de paix, de liberté et de sécurité juridique, de dignité et d'harmonie sociale, la Bourreaucratie incarnée aussi bien par la tyrannie kabiliste que le despotisme mobutiste a, certainement, confisqué la santé, le travail et les revenus financiers. Cet accaparement qui joue profondément sur les nerfs de la population, entraîne manifestement la montée vertigineuse des cas d'accident vasculaire cérébral (AVC). Cette situation désastreuse survient à cause du stress provoqué par l'insécurité permanente. Aussi entraîne-t-elle la montée en flèche de la dépravation des mœurs et du grand banditisme qui n'épargne aucune vie.

Ce qui est sûr et certain, cette stratégie de confiscation permet aux Bourreaucrates de tenir fermement entre leurs mains la liberté et la dignité d'un Peuple écrasé. Ainsi, les Congolais qui ont, certes, soif de justice et faim de démocratie, sont réellement dans incapacité de tenir plus de trois jours consécutifs de manifestations pacifiques parce qu'ils ne mangent pas assez à leur faim. Cette situation entraîne fort logiquement que ceux-ci, affamés, ne sont point physiquement et mentalement dans l'état de résister farouchement au rythme infernal, d'ailleurs, lourdement imposé par les tenants de la Bourreaucratie depuis la fin de l'ère mobutiste[v].

Comme quoi la faim ou la famine est résolument une arme de destruction massive et de confiscation du pouvoir politique pour le tyran !

Joël Asher Lévy-Cohen
Journaliste indépendant

www.joelasherlevycohen.over-blog.com
www.joelasherlevycohen.com
https://www.youtube.com/watch?v=OHv12nlIPJA

________________________________________
[i] Expression utilisée par le ''blogueur'' Cyprien Wetchi à propos des leaders congolais fort soucieux de se faire coopter en Belgique pour diriger la République démocratique du Congo.
[ii] 64 % des Congolais vivent dans une extrême pauvreté.
[iii] Rapport de la FAO, 14 août 2017.
[iv] Reportages de ''Cash Investigation'' sur les activités nébuleuses de Glencore, Source You Tube.
[v] C'est sous le règne dictatorial de Mobutu Sese Seko du Zaïre que l'outil de production a été complètement vandalisé par le pouvoir, le chômage est devenu endémique dans le but d'éloigner les Zaïrois de préoccupations politiques. C'est également sous ce règne dévastateur pour le pays que la santé a été privatisée au profit des réseaux maffieux proches du régime. Ceux-ci ont, naturellement, provoqué la raréfaction des produits pharmaceutiques et équipements médicaux.


Joël Asher Lévy-Cohen*



Comment...





No comments yet.

More Stories on AfricaVoice