Cameroun- Crise anglophone: le soldat présumé violeur d'une adolescente devant le Tribunal militaire

Posted on July 27, 2018 13:31:42 Filed in Cameroun





Un communiqué signé du ministre de la Défense a annoncé mardi  que le prévenu avait  été mis aux arrêts et déféré au parquet du tribunal militaire de Bamenda, et que « des sanctions disciplinaires seront prises à son encontre ». Le ministre Beti Assomo qui qualifie le présumé violeur de « soldat égaré »,   affirme par ailleurs « que tout autre acte d'indiscipline sera sévèrement sanctionné par le haut commandement conformément à la loi et au règlement militaire, afin de préserver le précieux lien armée-nation, existant dans les dix régions du pays ».

  Mbida Arthur ! C'est le nom du soldat de 1ère classe qui aurait perpétré lundi, à Bamenda, l'acte le plus monstrueux qui puisse être infligé à une femme, contre une adolescente de 17 ans, nommée Dikarou  Violet.  Le soldat ripou était devant le tribunal militaire mardi 24 juillet pour répondre de l'accusation de viol sur mineure.

C'est l'histoire d'une mésaventure particulièrement révoltante, racontée lundi par la victime à travers une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux.

Sous le prétexte d'un contrôle routinier des pièces d'identité des citoyens dans une ville de Bamenda presque complètement fantôme du fait du mot d'ordre de ville morte lancé par les séparatistes dans les régions anglophones du Cameroun, des éléments d'une patrouille mixte des forces de l'ordre interpellent une adolescente de 17 ans -allant faire  une commissionnée pour sa mère- qui n'en dispose pas. Il faut relever qu'au Cameroun, la pièce est requise à partir de 18 ans. Et les mineurs qui paraissent plus âgés qu'ils ne le sont, pour se faire coller la paix par des flics zélés lors des contrôles, ne réussissent à se la faire délivrer qu'après moult contorsions auprès de l'autorité (policière) en charge de l'établissement desdites pièces, lequel, au passage, s'en sort toujours avec un mirobolant bakchich.   


Malgré les protestations de la jeune femme qui excipe son âge qui la dispense de l'indispensable sésame, la Violet a manifestement le don d'exciter les malabars et les flicaillons qui, feignant la rigueur de la loi, lui font subir mille et une humiliations. Elle a beau supplier à genoux messieurs les représentants de la force de l'ordre de  la laisser aller chercher les pastèques pour sa mère, rien n'y fait. La troupe lui indiquera  comme issue de sortie de ce pétrin, l'abattoir où elle rencontrera finalement son boucher.
     
« Je me suis agenouillé et j'ai supplié, mais ils ont insisté, disant que ce n'est pas moi  qui les commande. Je suppliais les policiers et ils ne me laissaient pas partir. L'un d'eux m'a traîné et est entré dans cette station-service. Ils ont dit que c'est là que ceux qui n'ont pas de carte d'identité doivent se tenir debout » expliquera la jeune fille en sanglotant, au vidéaste. « Il n'y avait personne là-bas. En m'entraînant à l'intérieur, il m'a ordonné d'enlever mes vêtements. Je lui ai dit que je suis une mère qui allaite. Il m'a averti que je ne devrais pas lui crier dessus. Il a enlevé mes vêtements de force et m'a violé. Quand il a fini, il a essayé de me donner de l'argent pour mon transport », ajoute la fille qui a cependant parlé de policiers et non de militaires dans son récit.




Encore heureux devrait-elle  de n'avoir pas été abattue après la consommation illicite du fruit défendu par son violeur qui pouvait prétexter un affrontement ardu avec une terroriste-sécessionniste.

Mais aucun crime n'étant parfait, le témoignage de la jeune fille qui a été publié sur les réseaux sociaux malgré les menaces proférées à l'encontre de l'auteur de la vidéo a attiré l'attention des autorités militaires qui ont immédiatement  investigué pour déceler le ripou, en  la personne du "pauvre"(?) soldat Mbida Arthur, sans doute dénoncé par ses camarades.


Mbida Arthur : le seul coupable ? Voire !

On devra cependant relever que quoique les autorités militaires aient réagi avec célérité (24 heures seulement après la commission de l'infraction) elle a péché par négligence, laissant penser qu'elle s'est juste évertuée à trouver un bouc-émissaire dans cette affaire pour la bâcler le plus tôt possible et fermer la gueule aux mauvaises langues. La jeune fille qui témoignait de son malheur dans un anglais soutenu ne pouvait pas être de ces personnes ne sachant pas faire la différence entre un policier et un militaire (Lire son témoignage en fin de page). Et si elle a été violée par un militaire, il n'en demeure pas moins qu'au commencement étaient des policiers.

Comment ces policiers  n'ont-ils pas été interpellés alors que ce sont eux qui ont trimballée la victime çà et là avant de la laisser trainer par le dernier larron derrière la station d'essence (le théâtre du crime), alors que personne ne s'y trouvait. Ne faut-il pas penser que ces gens avaient certainement flairé chez le "Classe" un fort besoin de défoulement sexuel, et qu'ils lui ont servi sur un plat d'argent l'objet de ses… besoins libidineux ?  



Ci-dessous, le témoignage en anglais de la présumée victime

"My mother sent me to get watermelon from her story. They took me down behind the petrol station. You know today is ghost town and places are deserted. The police officers asked for my ID card and I told them I didn't have it on me".
"When I moved across to them, I was directed to their 'big man' who was standing beside the road. He asked me to meet two of his colleagues the other way. They sent me to meet the patron who asked to see my ID Card. I told him I did not have an ID card. He asked how old I am and I said 17. He asked what I was doing for the moment and I told him I wasn't doing anything for the moment.
"He said so I am walking along the road without an ID card? I said yes. The other one left and talked with someone in a car. He came back and the big man ordered me to stand where those who don't have ID Cards stand.
"I knelt down and beg but they insisted, saying that I am not the one commanding them. I was begging the police officers and they would not let me go. One of them dragged me and entered inside that petrol station. They said that is where those who don't have ID cards are made to stand.".
"There was nobody there. As he dragged me inside, he ordered me to take off my clothes. I told him I am a nursing and breastfeeding mother. He warned that I should not shout at him. He forcefully took off my clothes and raped me. When he finished, he tried to give me transport fare."

Ndam Njoya Nzoméné et Natondi K.



Comment...





No comments yet.

More Stories on AfricaVoice